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JC ATZORI

La Ligne et la Touche

Bonjour et bonne visite !

 

 

 

 

 

 

 

Expositions

2 Avril - 19 mai 2011

Exposition personnelle « Une éclatante discrétion » à la galerie La Rotonde-Yvon Birster (Paris)

Janvier - Mars 2010

Exposition personnelle « La ligne et la touche » à la galerie La Rotonde-Yvon Birster (Paris)

Novembre 2008 - Janvier 2009

Exposition personnelle « Formes et matières » organisée par Susan Adda à l’hôtel Méridien-Montparnasse (Paris)

Novembre 2007

Les 2007 A4 (œuvres sur papier) de la Maison des Artistes à Paris

Octobre 2006

Portes ouvertes des ateliers de Monts 14 à Paris

Novembre 2005

Portes ouvertes des ateliers de Monts 14 à Paris

Juillet - Octobre 2005

Exposition personnelle - Restaurant Le Boulevard à Brive (Corrèze)

Juillet 2004

Exposition d'atelier à Paris

Décembre 2003 - Janvier 2004

Salon des arts plastiques du Teinchurier de Brive (Corrèze)

Novembre 2003

Portes ouvertes des ateliers de Monts 14 à Paris

Octobre 2002

Exposition collective - Mairie du 12è arrondissement de Paris

Mai - Juin 2002

Exposition personnelle à l'office de tourisme d'Argentat (Corrèze)

Novembre 2001 - Janvier 2002

Exposition personnelle à la sellerie d’honneur du Haras National d’Arnac-Pompadour (Corrèze)

Septembre - Novembre 2001

Salons de Peinture de Chasseneuil (Charente), Bueil (Eure) et Merinchal (Creuse)

Mai 2001

Exposition personnelle à l’office de tourisme d’Egletons (Corrèze)

Mai - Juin 2000

19è Salon des artistes contemporains - Mairie du 12è arrondissement de Paris

 

Peindre – La ligne et la touche

 

Les pinceaux contre le métro-boulot-dodo

Je suis né en 1963 et la peinture est entrée dans ma vie dès l’enfance. Laissez-moi vous raconter mes premières émotions artistiques. Ce sont sans doute elles qui ont mis le feu aux poudres.

Années 60 - Le jour où le photographe de l’école primaire me demanda de saisir un pinceau, de choisir une couleur et d’ajouter une touche au barbouillage entrepris par mes condisciples, ledit photographe satisfait prit un simple cliché d’année scolaire, sans savoir qu’il m’offrait ma première émotion esthétique. Je fus ébloui par le spectacle des couleurs et saisi d’une joie intense.

Années 70 - Un peu plus âgé j’entrai pour la première fois dans une cathédrale gothique. Là encore je fus captivé par la symphonie des couleurs et la lumière « divine » des grands vitraux. Encore aujourd’hui lorsque mon chemin passe par une ville dotée d’un tel édifice j’entre et je regarde…

Vint plus tard le cours de dessin de Jean-Pierre Chavatte, mon professeur au lycée Carnot à Paris. Il sut entretenir ma flamme en m’initiant à la réalisation de grandes compositions futuristes associant peintures et collages. Ma flamme resta cependant celle d’un autodidacte quand, suivant mon goût pour les sciences je choisis finalement une formation classique d’ingénieur. J’ai exercé ce métier pendant 12 ans.

Le 31 décembre 1999 je quittai une vie assez confortable d’informaticien pour me tourner vers d’autres horizons et notamment revivre ma passion de la peinture (sans que celle-ci suffise à me faire vivre !).

Voici 10 ans que je suis rentré en résistance avec mes pinceaux contre le métro-boulot-dodo, me mettant il est vrai quelque peu en danger. Je partage l’avis d’un de mes amis qui m’écrit : « chaque toile est une bataille de gagnée face à une société où l’on nous pousse vers la sécurité, le confort, la tranquillité. »

Formes et matières – Le tableau comme mise en scène

A côté de quelques exercices figuratifs mon travail est essentiellement abstrait dans le sens où je m’éloigne du portrait, du paysage etc. bref du sujet. La peinture avec ses moyens propres mis sur la toile constituent déjà pour moi le sujet. Non pas que je n’ai pas de considération pour la figuration – j’admire par exemple les natures mortes d’un Chardin – mais disons que je prends la toile comme un champ ou une scène sur lesquels jouent traits, couleurs et formes ; ce sont là des acteurs en soi qui s’organisent pour monter un spectacle. La toile ou le papier sont mes supports traditionnels ; l’image est fixe mais l’imagination est libre de courir sur la toile. Je n’aborde donc pas les performances, la vidéo ou les œuvres-environnement.

La rigueur des lignes et des formes que l’on trouve dans le courant minimaliste est une source d’inspiration de première importance, à l’image par exemple du Suprématisme dynamique de Malevitch (1916). Mais je ne veux pas réduire toute sensibilité en la ramenant à une esthétique austère et désincarnée. La rigueur géométrique apporte selon moi une ossature ou un squelette. Cette architecture doit porter à mon sens un mouvement, une « chair » sensible, en un mot être animée. Elle peut même sous-tendre une dimension spirituelle de l’œuvre.

La construction, particulièrement lorsqu’elle est géométrique, m’intéresse, voire me passionne souvent lorsque je regarde une œuvre. Cézanne et le cubisme ont captivé mon attention. Mais cette construction je la veux tempérée, équilibrée. En cela Robert Delaunay et plus près de nous Robert Natkin et surtout Maurice Estève m’apportent joie et liberté sans échapper à une construction certaine. J’ai également étudié avec intérêt les compositions de Fernand Léger, observé les futuristes.

Le jeu optique est présent dans certains de mes tableaux. Je m’inspire de l’art cinétique, des mouvements fictifs d’un Agam ou d’un Vasarély. Mais cette démarche serait réductrice si l’on s’en tenait là. Je veux donc introduire de la fantaisie, une rupture dans la composition, quelque chose qui rende l’œuvre vivante, lyrique, joyeuse ou surprenante, voire bizarre.

Formes et matières se rejoignent dans une composition dans laquelle le plaisir visuel, la surprise, le jeu (de pistes ?) apparaissent. Je joue avec la répétition des formes, signes et couleurs présentés en séquence. Les lignes et les aplats apportent un cadre structurant et ordonné. Droites, segments, cercles, triangles etc. rappellent la pureté du raisonnement géométrique des mathématiques. La sérialité des motifs peut suggérer un environnement musical.

Le non construit ou le déconstruit, l’informel sont un autre axe exploré hors d’un cadre géométrique et parfois en concomitance ou en alternance avec ce dernier.  Mettre en jeu les subtilités de la matière colorée m’intéresse aussi. La pratique de la gouache qui peut être aquarellée, la mise en scène de touches de couleurs, la transparence permettent d’approfondir cette voie. Les œuvres de Zao Wou Ki, Sam Francis, Willem de Kooning ou Olivier Debré m’inspirent sur ce thème. Je suis sensible aux œuvres fauvistes ou expressionnistes.

Enfin je ne m’interdis pas l’intervention de signes graphiques ou textuels comme contrepoint dans une composition abstraite. Une façon de surprendre, de poser une énigme inconsciente au spectateur à l’instar d’un Miro. En décloisonnant plus encore la recherche j’arrive sur le terrain d’une espèce de surréalisme abstrait, les formes télescopées provoquant l’imaginaire de chacun.

« Cérébralité sensible »

Apollinaire à propos de Mondrian parlait en 1913 de « cérébralité sensible ». Cette formule peut s’appliquer à mon travail. Toutefois loin d’adhérer totalement à l’art conceptuel, quelque peu austère et désincarné, je propose un chemin où entrent en scène l’onirisme, l’imaginaire dans des paysages formels intériorisés, construits et équilibrés. Quand l’équilibre d’une composition est atteint j’aime qu’il soit autant ressenti par le spectateur que pensé ou réfléchi.

Des fantasmes, reflets d’un esprit surréaliste sont aussi représentés ou sous-jacents dans mes tableaux. Là encore je veux que l’ensemble reste formellement maîtrisé sans contredire mes côtés ludiques.

Pourquoi je peins

Mon intention est plutôt spirituelle. Par spirituel j’entends le sentiment du beau quand il est partagé et la notion de dialogue esthétique.

Avec le mouvement symboliste j’ai tendance à penser que l’art du peintre est d’abord individuel et singulier, en marge des structures sociales conventionnelles. Je ne vise, au point où j’en suis de mon parcours, aucune propagande en tant qu’artiste.

L’art est-il un divertissement ? Accessoirement mais il nous entraîne surtout vers l’insondable et le mystérieux, le contemplatif gratuit.

En somme j’invite le spectateur à un agréable dialogue hors des sentiers battus de notre vie quotidienne. Qu’il s’évade avec moi dans une rencontre et une émotion esthétiques. Avant tout je voudrais que celui ou celle qui regarde mon tableau éprouve d’abord un plaisir immédiat à l’instar de Delacroix déclarant peu avant sa mort : « le premier mérite d’un tableau est d’être une fête pour l’œil. » Ensuite, j’attends que la personne qui regarde éprouve une surprise, un sentiment d’étrangeté, une impression vivante et dynamique. Je voudrais que mon imagination rejoigne – est-ce de la magie ? – l’imaginaire du spectateur.

Art conceptuel et art sensuel dans une même fête visuelle : ce serait le but ultime.

 

JC ATZORI – Août 2008 - Septembre 2009

www.jc-atzori.com